REVELANT

Onna-Ji

Ravie dans la contemplation de cette nuit, j'en suivis le cours, le déclin et la fin. Georges Sand

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Mountains are sacred territories. 

They were here way before we did, they will stand way after we leave. They were never inert ; they host and condense the spirits of those who came and passed, the exact idea of the being : the beauty of the living itself.

Mountains on their highness hold the holy. 

To be on top of the mountain, is to be wise, to see, observe ; get some distance quietly. Mountain contains originally all the instances of spirituality that believers tend to condescend into churches and temples.

Onna-ji is an ode to this vision, a gate in between space and time that allows the passenger to rest and take a breath on his way to the top, or after his journey.

Like a capsule, it gives the opportunity to shut oneself inside his own intimity, but acting reversely by diving it profoundly to the surrounding. Onna-ji has that power of lightly dropping one to meditation if not by cutting off his senses, by over urging them. 

Would you dare hear the smell of the winter wind, would you touch the screech of the choking leaves ?

As the temple went set, elements of the living assaulted it with all their strength. They came as an ensemble, turning over in one single day, letting it rest at night, and getting back at the amanecer. The navette soon began to feel constrained, to look part completed. It needed flow, less rigidity ; it needed to breathe. One by one, we decided to detach the hemp strings from the socle, each 140. And suddenly, the façades went swallowing.

It was only a few weeks later, when we came back passing by, that the obvious was revealed : giving the opportunity to the object to strengthen on generated unsuspected uses of the space. It became a home to climb for bumblebees when calm times showed up and a playground for children to grab, swinging to the rhythm of the wind and the sounds of the cowbells.

Onna-ji became relevant of the accidental philosophy, the beauty and necessity of adaptation, the serendipity.


Festival des cabanes C11 w 002 Copyright David FoesselFestival des cabanes C11 w 009 Copyright David FoesselFestival des cabanes C11 w 010 Copyright David FoesselFestival des cabanes C11 w 005 Copyright David FoesselFestival des cabanes C11 w 001 Copyright David FoesselFestival des cabanes C11 w 013 Copyright David FoesselFestival des cabanes C11 w 007 Copyright David FoesselFestival des cabanes C11 w 014 Copyright David Foessel

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La montagne est un territoire sacré.

Elle trône sur le monde depuis des millénaires, et restera présente longtemps après notre passage. Elle n’a pourtant jamais été inerte : elle accueille et condense en son antre les esprits de ceux qui ont été, la parfaite idée de l’incarnation : la beauté du vivant.

La montagne du haut de sa cime retient le divin. Être en haut de la montagne c’est être sage, observateur, silencieux à distance. La montagne contient en elle ces instances originelles de spiritualité, celles que les croyants poursuivent à toucher dans la réalisation des lieux sacrés, des églises, temples et autres mosquées.

Onna-Ji est une ode à cette vision, une porte épaisse entre l’espace et le temps qui permet au passager de marquer un temps de pause avant son ascension, et à sa redescente.

Comme la capsule, elle permet à chacun une relation avec son intime profond, mais en agissant à l’inverse : elle fonctionne en plongeant l’individu dans l’immensité chaotique du sensoriel environnant. Onna-Ji possède le pouvoir de lâcher son visiteur avec légèreté dans un état méditatif, sans le couper de son contexte proche.

Oserais tu entendre l’odeur du vent d’hiver, toucherais tu le bruissement des feuilles qui se percutent ?

À peine construite, Onna-Ji fut soumise aux éléments. Ils sont tous passés, l’assaillant en journée, lui laissant un temps calme à la nuit tombée, et reprenant leur course folle au lever du jour. La navette s’est rapidement sentie contrainte, contenue, incomplète. Pour s’exprimer dans sa plénitude, elle devait accueillir le courant, d’une manière plus souple et fluide.Une par une, nous avons commencé à détacher les 140 cordes de chanvre qui forment le filtre végétal du temple. 

Et soudainement, les façades devinrent vivantes.

Ce n’est que des semaines plus tard que l’évident se révéla : l'opportunité laissée à l’objet de s’étendre a généré de nouvelles fonctions insoupçonnées. Les bourdons en ont fait leur ruchet, les enfants leurs balançoires en suspens, suivant le flot nonchalant du vent et le rythme intangible des cloches que les vaches arborent dans les pâturages estivaux.

Onna-Ji est la révélation d’une croyance en la philosophie de l’accident, la beauté et la nécessité de l’adaptation, l'émergence bénéfique de l’intangible à travers le non désiré.


Onna-Ji a été construite en 5 jours. Oeuvre éphémère, elle reste visible et visitable jusqu'aux premières neige de novembre 2021, avant de continuer sa course vers une transformation et une nouvelle vie.

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Un grand merci aux bras et aux têtes de l'équipe de construction : Julien Eymery, Marion & Nicolas Decorte, Valentine Vaupré et Lucie Maire.

Un grand merci pour l'accueil et les conseils avisés et les excellentes soupes à la tomate de Philippe et Domi Burguet.


Photography courtesy and copyright of David Foessel.


See publication on Dezeen :

https://www.dezeen.com/2021/09/30/nine-cabins-lake-annecy-cabin-festival-philippe-burguet/

And on local newspaper Le Dauphiné Libéré :

https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2021/06/13/festival-des-cabanes-onna-ji-pour-mediter

Mission :  Competition - conception-construction of a wooden cabin
Year :  2021
Type :  Meditation Mountain temple
Team - Design :  ONNA : Maud Laronze + Iris Jacquard
Location :  Seythenex, France
Scale :  6 sqm
Cost :  1500 € TTC
Team - Craft :
ONNA : Maud Laronze + Iris Jacquard Julien Eymery Marion & Nicolas Decorte Valentine Vaupré Lucie Maire