Isn't it there already ?

« Les choses en elles-mêmes ne sont ni grandes ni petites, et quand nous trouvons que l’univers est faste, voilà une idée toute humaine. S’il était tout à coup réduit à la dimension d’une noisette, toutes choses gardant leurs proportions, nous ne pourrions nous apercevoir en rien de ce changement. La polaire, renfermée avec nous dans la noisette, mettrait comme par le passé, cinquante ans à nous envoyer sa lumière. Et la Terre, devenue moins qu’un atome, serait arrosée de la même quantité de larmes et de sang qui l’abreuve aujourd’hui. »

Anatole France, Le Jardin d’Epicure, 1894


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About Architecture

Beauty is accessible to those willing to receive it. Architecture is everywhere. 

It exists and permeates not only cotidian construction, but also our landscapes, wilderness, experiences, and time. We seek two key components from our environment: we want it to shelter us and speak to us about whatever it is that we find important and whatever we wish to be reminded of.

As humans, we are capable of feelings and interpretation. Our minds constantly develop connections between actual life and fleeting memories. The world in which we act is in perpetual revival. This is the founding principle of our surroundings. I ensure that each project leads to a new perception of the practice, enhancing the relationship between humans and wildlife while maintaining careful consideration of how we both live comfortably within nature and also respect it. This balance cultivates new pathways in our journey as architects. My position both in the field and in the work results in a dynamic and perpetual renewal. We are iterative--constantly in search of a better way.

France has an extremely rich and diversified patrimony. Growing in Grenoble, a city constrained by its own geography and forced to build upon itself, shaped my architectural vision. I believe that every context calls for its own definition. Each project is unique, carried by what is already there and how different perspectives invoke a different, intimately personal story. We value existing structures and proven contexts.

In 2011, I embarked on a cultural journey geographically far from home to study architecture at the Universidad de la República in Montevideo. Uruguay was small, humble, green, reliant on both land and sea, and it reshaped my perception forever. This quote from my professor, Diego Campandeguy, still echoes with me, “Los que se visten de rayados aceptan que son medio rallados,” which I roughly interpreted to mean, “...those who wear stripes, accept that they’re a bit obsessive.” I would say that it is our intuition that guides the work. These obsessions serve to enhance the process and the resulting design, focusing each time more and more on sustainability and comfort to improve the quality of life itself, in all of its forms.


To Transmit

Architecture is thought of as the first art form--and the only one inhabited. Its condition makes it technological, social, political, and environmental. Today, depending on its destination, a new construction allows sometimes three generations to cross its path for almost a century. Architecture cannot be taken lightly.

According to its definition, teaching is the capacity to make sure someone understands a subject, process, or method. Since 2013, I have been a teaching assistant for university courses under Professor Gilles Marty, at the National Architecture School of Grenoble (ENSAG). I hope to continue his legacy and approach that conveys that the meaning of architecture is to construct sense. We try to make young, future architects understand their own processes of making sense of land, landscapes, and views for an existing context and/or for people, through the act of conceiving architecture.


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Philosophie(s)

Dans l’enseignement du projet, je n’ai jamais cherché à instruire.

Je ne connais ni doctrine ni mantra qui ne pourrait être remis en question à chaque année passée, à chaque promotion rencontrée, voir parfois, de séance en séance.

Tout chemin suivit tout à fait jusqu’au bout, conduit tout à fait au néant.

Cela va de pair avec l’idée selon laquelle la construction est un objet statique, idée qui va à l’encontre même de la nature du sol sur lequel elle s’inscrit.

Je m’interesse d’avantage à découvrir avec l’étudiant son expression propre, son histoire, son univers créatif, ses envies, ses couleurs, son approche. Le plus grand défi de l’architecte est de protéger et d’émouvoir, sans figer. Celui de l’enseignant, est de l’apprendre par lui-même puis de le transmettre. L’enseignant architecte est lui aussi un élève. L’architecte doit le rester toute sa vie.

Nos sociétés sont en constante évolution : nous ne vivons plus de la manière dont nos grands- parents, ni nos parents ont vécu. Nous ne vivons déjà plus de la même manière où nous avons grandi. Le paradigme de l’objet construit comme une sculpture inerte reflète l’idéal biaisé d’une foi simplifiée au profit de l’image pour sa forme, et non pour son sens. A quel paradoxe l’architecte doit-il faire face lorsqu’il conçoit des lieux d’usage pour des générations dont il ne peut qu’imaginer le mode de vie réel au jour de la construction de l’ouvrage ?

Nous ne pouvons envisager que les futures générations grandissent dans des glacières sous couvert de performance énergétique. Avant de parler performance, il faut parler consommation, et avant consommation, habitude d’habiter. À l’inverse de la norme qui uniformise, l’architecte agit comme un compositeur du cas par cas. Il est dans notre rôle de trouver et retrouver de nouveaux modes de vie. En d’autres termes, c’est du bon sens que nous devons transmettre.

Cette notion est intimement liée à l’intangible et au territoire qu’on habite : à la terre, au ciel, à notre relation au cosmos et au chaos, à notre mode de sentir et notre mode de voir.

L’architecte conçoit pour d’autres individus que lui. Il doit découvrir leurs propres relations à l’habiter, et révéler leur potentialités : il est le garant de la traduction de l’immuable. Dans mon atelier, je cherche à ce que l’étudiant architecte découvre ses propres relations aux éléments, les expérimente et les révèle ; je le pousse à trouver des prémices de sa méthode, qui lui permettra bientôt d’être le capteur des réceptions du monde. Pour que l’architecte soit en mesure de recevoir, digérer, traduire et formaliser les perceptions des individus avec qui il interagit, il doit avoir passer l’expérience de l’appréhension de son propre sens profond.

À travers cet exercice, il se pose la question de son essence véritable, unique, et réalise un indispensable travail d’introspection. Il en ressort alors propriétaire de toutes les clefs d’appréhension des dimensions telluriques de sa profession et de son environnement ; il sera en mesure de les donner à son tour.

N’est ce pas là la véritable vertu de la transmission ?

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Picture of El Fitz Roy, El Chalten, ARG january 2012